À PROPOS DU FESTIVAL

Depuis toujours, la musique me guide comme un langage universel. J’ai appris à écouter le monde à travers les cordes de ma kora, cet instrument millénaire qui relie les peuples, les générations, les émotions. En créant le festival « Au Tour des instruments à cordes du monde entier peuvent se rencontrer, se répondre et s’unir dans une même vibration humaine et artistique.

À travers les années, le festival est devenu bien plus qu’un événement musical : il est un pont entre les cultures, une plateforme pour la création, un espace de transmission, et une fête populaire ouverte à tous. C’est à Saint-Louis, cette ville au passé historique fort, que nous avons voulu inscrire ce dialogue entre les musiques anciennes et les expressions contemporaines, entre artistes du Nord et du Sud, entre traditions orales et créations nouvelles.

Loin de tout folklorisme, nous défendons une vision vivante, libre et évolutive des musiques du monde. Notre festival accueille aussi bien des maîtres griots que des virtuoses du violon baroque, des compositeurs contemporains que des jeunes enfants découvrant leur premier instrument. les liens tissés avec les écoles, les publics jeunes, les artisans de la ville, les artistes internationaux. J’espère que le soutien de nos partenaires permettra au festival de beauté du geste musical.

C’est avec cette vision que je vous invite à rejoindre l’aventure « Au Tour des Cordes ». – Ablaye Cissoko, directeur du festival

Au tour des cordes est présenté à Saint-Louis, ville où réside Ablaye Cissoko depuis une trentaine d’années et qui présente de multiples atouts sur le plan de sa position géographique, historique et culturelle.

Le festival se déploiee dans différents lieux de la ville, que ce soit des espaces fermés pour des concerts plus intimistes ou des espaces en plein air pour rallier un plus grand public.

Seront tout particulièrement privilégiés des sites historiques qui font la richesse de Saint-Louis et pourront ainsi être découverts et appréciés, tant par les locaux que les touristes.

Le souhait est d’implanter un festival dans la durée, de créer un rendez-vous annuel qui devient un incontournable.

LES LIEUX DU FESTIVAL

Situé dans le quartier « Sud » ou Sindoné, 1ère zone d’implantation européenne, le lycée Ameth Fall possède plusieurs bâtiments réunis autour d’une magnifique cour.

Construit en 1840 sur les traces de l’ancien cimetière catholique de Saint-Louis, il a d’abord abrité l’hôpital civil, la Medersa, le collège Blanchot qui deviendra Ecole Primaire Supérieure de Jeunes Filles Ameth Fall, Collège Ameth Fall.

Depuis 1962, il est le Lycée de Jeunes Filles Ameth Fall de l’île. Le nom de Ameth Fall est étroitement lié à l’Ecole d’Otages appelé aussi « Collège des fils de chefs et Interprètes » dont la création de l’Ecole est attribuée à Faidherbe en 1861. La prise d’otages, que l’on se contentait de garder à vue pour tenir en respect leurs parents, était une pratique utilisée par le colonisateur dès sa prise de possession des territoires. Le « Collège des fils de chefs et Interprètes » a partagé les mêmes locaux et la même direction que la Medersa ou Ecole d’Enseignement Supérieur Musulman; cette école, qui fut créée pour but de former le personnel enseignant des écoles.

Ameth Fall, de son vrai nom, Ameth Ould Khoury Sène est, sans conteste, d’origine maure. Il est né en 1836 à Boutilimith, ville située au sud de l’actuelle République Islamique de Mauritanie. Ameth Fall a exercé les fonctions de surveillant et de surveillant général de l’Ecole des fils de chefs jusqu’au 10 mai 1904, date à laquelle il démissionné. Il a été membre du Conseil Colonial de Saint Louis. Apres sa démission en 1904, il a été nommé surveillant principal honoraire du « Collège des fils de chefs et Interprètes ». Entre temps il a été cité comme témoin principal dans le traité conclu entre Victor Ballot Directeur des affaires politiques représentant du gouverneur du Sénégal Signac, Lesseps et Alboury Ndiaye, Bourba Djolof, traité plaçant le Jolof sous souveraineté et sous protectorat français.

L’école Brière de l’Isle construite en moellons en 1909 occupe l’îlot compris entre les rues Paul Holle et Seydou Nourou Tall. Ses fenêtres sont garnies d’un appareillage de briques artistiquement ciselées de couleur orange.

L’origine de cet établissement remonte à 1857. “ Le Moniteur du Sénégal ”, journal officiel de l’époque cite cinq établissements scolaires à Saint-Louis. Ce sont : une Ecole des frères de Ploërmel pour les garçons, une autre tenue par les soeurs de Cluny réservée aux filles, une troisième créée par le Gouverneur Faidherbe dans le quartier Nord et fréquentée uniquement par les jeunes musulmans, une école privée dirigée par une institutrice et enfin le dernier établissement auquel le Gouverneur tenait particulièrement : l’Ecole des Otages.

Il fait partie du charme de Saint-Louis et favorise la création artistique dans la region : redécouvrons l’Institut français du Sénégal à Saint-Louis.

L’Institut français du Sénégal à Saint-Louis relève, comme celui de Dakar, du Service de Coopération et d’Action Culturelle de l’Ambassade de France au Sénégal.

L’Institut participe au partage de la création intellectuelle d’expression francophone, à la promotion des échanges artistiques internationaux, soutient le développement culturel sénégalais, favorise le dialogue des cultures et encourage la diffusion et l’apprentissage de la langue française.

Établi en 1965, l’Institut français du Sénégal à Saint-Louis a connu plusieurs appellations. Il s’est transformé depuis 2010 et abrite aujourd’hui divers espaces : Médiathèque, Espace langues et multimédia, Salle de cinéma, Galerie du Fleuve, Salle de danse, Scènes de spectacles, Maison des artistes, Villa Saint-Louis Ndar. Une équipe de 15 agents et une directrice déléguée animent cet ensemble qui est aussi la principale offre de lecture publique à un bassin de population régional de la zone Nord du Sénégal de plus d’un million d’habitants.

AUTOUR DU FESTIVAL

Certains artistes programmés au Festival viennent en avance pour provoquer des rencontres ou échanges musicaux entre eux. L’objectif est de favoriser, le temps d’une courte résidence, la rencontre entre artistes, à priori éloignés, pour un partage de passion, un enrichissement de connaissances des pays réciproques par l’histoire des instruments et des techniques de jeu. Ces moments d’échanges artistiques sont précieux pour le Festival, car ils impulsent de nouvelles formes musicales, de nouveaux modes d’interprétation et des créations musicales inédites qui sont présentées sur les scènes du Festival. Des rencontres qui peuvent donner naissance à des appétences communes et de nouvelles collaborations.

L’accès à la culture et l’enrichissement culturel des enfants constitue une des préoccupations majeures du Festival Au Tour Des Cordes. Cette intérêt pour la démocratisation de la culture et la pratique artistique par la place que la médiation occupe dans ce festival. En effet ces actions de médiation auprès des jeunes élèves contribuent à accroitre leur vision du monde avec la rencontre d’artistes venus des quatre coins du monde avec des instruments chargées d’histoire de leur peuple. Elles participent également à leur fournir un moyen d’expression de leur identité et de leur sensibilité. L’objectif final est de faire naître chez ces jeunes un sentiment d’appartenance à leur milieu de vie, de s’approprier leur patrimoine toute en s’ouvrant aux autres richesses qu’offre le reste de l’humanité. Ces moments de d’échanges représentent pour ce jeune public une opportunité de vanter leur diversité de citoyens du monde, et d’explorer leur créativité. Dans ce festival le musicien sort du cadre scénique qui lui est assigné pour assumer son rôle d’acteur de développement social.

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